Dernier viol. (Confidence d’une soeur)

Après avoir subie plusieurs agressions, dont deux venant d’une personne qui était près de moi, j’ai trouvé difficile les rapprochements physiques. Toujours l’envie de plaire mais la peur de me sentir obligée ou de me faire imposer quelque chose que je n’aime pas ou que je n’ai pas envie de faire est là. J’ai peur de ne pas être capable de dire «non» ou de repousser mon partenaire, malgré toutes mes nouvelles connaissances au niveau du consentement. Parce qu’en ayant vécu plusieurs agressions où je n’ai pas pu dire «non» ou bien quand mon refus n’a pas été respecté ou pris en considération, je suis terrorisée à l’idée d’être à nouveau dans cette situation et de devoir prendre le dessus. Ne pas être soumise à l’autre.
J’ai été chanceuse quand même de rencontrer mon dernier amant. Il est respectueux de l’autre et à l’écoute autant du corps que des paroles et est doux dans ses gestes. J’ai redécouvert ma sexualité avec lui et j’ai expérimenté de nouvelles choses qui avant me mettaient mal à l’aise parce qu’on me les imposait. J’ai même expérimenté des orgasmes, ce qui pour moi était rare voire inexistant. On se fréquente depuis près d’un an et notre sexualité évolue, on communique nos envies, nos désirs, on se respecte, on s’aime.
Mais l’autre jour, pendant que nous nous faisions plaisir mutuellement en position 69, ça a changé. Cette confiance absolue qu’il ne m’agresserait jamais s’est dissipée.
Il était sur moi, donc je n’avais pas beaucoup de jeu pour bouger. Ça ne me dérangeait habituellement pas, mais cette fois, je me suis sentie prise. Pendant qu’il se laissait emporter par son désir en ne pensant plus à moi qui était sous lui, j’ai senti que je n’existais plus. Qu’il n’y avait plus que ma bouche qui existait. Et que cette bouche et bien il la baisait. Je ne bougeais plus, j’étais immobile, comme un récipient. Un récipient à sperme. Je ne faisais plus l’acte de lui faire une fellation, il se la faisait à lui-même. Ne pensant pas à la profondeur, à la vitesse ni la force avec laquelle il me… défonçait la gorge. Oui j’ai senti qu’il me la défonçait carrément. À un moment, j’ai dû le repousser un peu malgré son poids sur moi, parce que son sexe était trop loin dans la gorge. Il a continué en allant moins profondément mais toujours aussi vite et fort. J’imaginais la scène de l’extérieur de mon corps et me disait qu’on dirait vraiment qu’il bougeait son bassin comme si j’étais un trou dans lequel il enfonçait son sexe. J’avais l’impression d’être dans un film porno.
Le pire. Le pire, c’est qu’effectivement je n’ai pas pu dire non. Même si je me le disais plusieurs fois dans ma tête, que je me disais qu’il allait trop loin, que je n’aimais pas ça, que je ne me sentais pas respectée. Parce qu’en plus, ce n’était pas la première fois qu’il se «faisait une fellation à lui-même.» Mais la fois d’avant, j’étais sur lui alors je pouvais me retirer et lui dire de me laisser faire. Il était donc déjà avisé que je n’aimais pas lorsqu’il prenait le contrôle parce qu’il ne savait pas à quelle vitesse ni à quelle profondeur il pouvait aller sans que je m’étouffe ou que j’ai la bouche engourdie. Il était donc au courant de mon non-consentement. En plus de mon immobilité et du moment où je l’ai repoussé. Mais je n’arrivais pas à le pousser plus fort, le tasser, enlever sa queue de ma bouche pour lui dire «arrête!». Entre autres parce que je me sentais prise physiquement sous lui, avec la bouche pleine. Mais aussi à cause d’un blocage évident du fait que je le connais, que je l’aime et que jamais il ne m’avait fait sentir comme ça. Comme une poupée gonflable. Je n’en revenais pas. J’ai décidé d’en finir avec la fellation en le faisant jouir. Jamais son sperme n’a eu un goût aussi amer. Je me suis retournée et il s’est mis derrière moi en soupirant de plaisir. J’ai alors réussi à lui dire, après me l’être répété plein de fois dans ma tête, que c’était à moi de faire une fellation. Il m’a répondu sur un ton malaisé «ouin, c’est vrai t’aime pas ça quand je fais ça hein». Puis 2 minutes plus tard, il ronflait. J’ai été prendre une douche parce que je me sentais sale. Et parce que je n’avais plus envie de faire l’amour après. Ni plus tard. Je lui en ai reparlé par écrit parce que j’étais trop mal à l’aise d’avoir une grosse discussion sur le sujet, et il a été réceptif et compréhensif. Il a expliqué qu’il s’était laissé emporter parce que c’était trop bon et a dit qu’il était peut-être préférable qu’on ne fasse plus cette position.
Je crois que le reste de la discussion devra se faire en face. Parce que je dois lui dire que ce n’est pas en s’excusant et en se justifiant avec une raison totalement stupide et égoïste, que ça changera quoi que ce soit. J’ai l’impression que quelque chose a changée. Je n’ai plus envie de faire l’amour avec lui. J’ai peur, même si je sais qu’Il ne le refera pas. J’ai peur d’y repenser et de ne pas arriver à me laisser aller. D’avoir des flashbacks. Et que notre chimie sexuelle soit gâchée pour toujours. Moi qui s’étais tellement laissée aller avec lui.
Et comment lui dire ce que j’ai peine à me dire à moi-même. « Tu m’as violée ».
Tu m’as pénétré la bouche sans mon consentement. Tu m’as violée. Et je sais pas comment dealer avec ça, parce que je t’aime.
😦

Advertisements